lundi 13 juin 2016

   Ecrire du vomi n’est pas particulièrement artistique. C’est un peu comme dégueuler sur sa feuille ou son écran pour désencrasser les tuyaux. Bref, ce soir, j’écris du vomi.

   Ça doit faire plus d’un an que je suis officiellement en dépression. Il est probable que ça fait beaucoup plus longtemps que je suis dans cet état.

   Qu’est-ce que tu veux sortir quand en cinq ans, six de tes proches sont morts ? Un suicide, quatre cancers, une rupture d’anévrisme. Deux amies à moi, deux membres de ma famille (dont mon père), deux amies de la famille (mais si proches qu’elles en faisaient partie à mes yeux). Peu à peu, mes passions se sont taries.

   Le dessin. Trop dur. Trop de notions. Trop de travail. Trop de temps à se prendre en pleine face sa propre médiocrité. J’ai abandonné l’idée de faire de la bande dessinée. Juste quelques strips où je tape sur des gens au hasard au gré de mes colères irrationnelles.
Les mangas, la bande dessinée, les animes. Trop de publications, trop de bordel. Plus de repère. Trop de contenu. Trop de fans.

   Et d’autres choses. Tellement de choses que j’ai oublié.

   Je suis tombée amoureuse, il y a deux ans. J’ai vécu six mois un plan cul comme si j’étais au paradis. Pas une seule fois je n’ai eu envie de me flinguer. Cela faisait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé.

   Puis j’ai été éjectée du paradis par un gros coup de pompe taille 48. Les personnes sur lesquelles je comptais m’ont lâchée. J’étais par terre, mon cœur et mes entrailles gisaient sur un vieux goudron craquelé. Et deux putains d’éléphants se sont amusés à me piétiner. De manière involontaire, faut pas déconner non plus.

   Pis j’étais au fond d’un trou aussi. Alors j’ai rampé à la surface. Bon sang, c’était sec. En même temps, j’essayais de me soigner. Deux psychothérapies pour le prie d’une. Il en reste un peu je vous en remets ?

   Un magnifique brun-out suite à un boulot dans une PME tenue par un couple d’abrutis égocentriques et psychopathes. Puis encore un gros coup de pompe dans ce qui restait de mon cœur. A ce moment-là, il ressemblait à un truc qu’on aurait laissé un peu trop longtemps en-dehors du frigo.
Puis le cinquième mort.

Bordel.

J’ai tout arrêté pendant trois mois. Planquée sous une couette.

   Je me suis un peu remise sur mes deux jambes et j’ai avancé dans ce désert sec où rien ne pousse, où tout est gris, même le ciel. Sans eau. Sans rien. La solitude et la dépression en un seul lieu. Magnifique.

   J’ai repris un rythme. Mais j’ai recommencé à fumer. Et putain, je suis tombée malade pendant deux mois. Et depuis, plus d’énergie, plus rien.

   Que veux-tu sortir de tout ça ? Il n’y a plus rien. Le sol est aride. Pas sûr que ça soit encore fertile.
Je n’arrive plus à écrire quoi que ce soit de potable. Alors je vomis. Ceci n’est pas de l’art.

Vomir du texte, c’est foutre du Destop dans la tuyauterie de la création.

Bonne nuit.

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