samedi 16 janvier 2016

Pourquoi ne pas vouloir d'enfant ?

Bonjour à tous. Aujourd'hui, chers lecteurs, nous allons parler reproduction. Ou plutôt, je vais vous écrire sur le fait de ne pas vouloir d'enfants.

Et je vais commencer par une confession. Quand j'étais plus jeune, je pensais que seuls les hommes et moi-même ne voulions pas d'enfants, et que toutes les femmes en voulaient. Je n'ai pas spécialement envie de m'étendre sur les causes de cette méprise mais je lance un regard lourd de sous-entendus à la télévision, au cinéma ainsi qu'à tous les supports culturels véhiculant des idées fausses sur la réalité.

Si vous n'avez pas encore compris, chers lecteurs, je l'écris en clair : il existe des femmes qui ne veulent pas d'enfants. Êtes-vous choqués ? Si oui, vous vous demandez sans doute combien elles sont, et, surtout, pourquoi ne veulent-elles pas enfanter. Si vous êtes bouffis de préjugés bizarres, vous vous dites sans doute que l'horloge biologique se chargera de faire rentrer ces mégères dans le droit chemin. Si vous pensez cela, sachez, chers lecteurs, et je vais être vulgaire, que votre horloge biologique n'existe pas et que vous pouvez vous la carrer profondément dans le cul. Et sans vaseline. OUI, je le pense très fort, et je fantasme parfois sur la possibilité d'enfoncer sans façons une vieille horloge grand-mère format familial dans un de ces représentants du sexisme ordinaire. Mais cela n'est pas le sujet aujourd'hui.

Vous vous demandez sans doute « Mais comment diantre est-il possible pour une femme, et même un être humain, de ne pas vouloir se reproduire ? Est-il possible qu'une femme refuse l'idée même que récolter les selles d'un nouveau-né soit la seule façon pour elle de s'épanouir en tant que femme ? » A cette dernière question, je vous réponds : « Mais bien sûr que non ! » Sans déconner, les selles, c'est crades putain et ça pue ! Comment voulez-vous que j'ai envie de toucher à un truc qui en expulse sans se contrôler ?

Bref, commençons sans plus attendre la liste des raisons pour lesquelles un être humain (oui, une femme est avant tout un être humain) ne voudrait pas avoir d'enfant :

  • Certains ne veulent pas transmettre leurs gênes (par exemple, ceux qui souffrent de maladies génétiques) ;
  • Certains refusent de surpeupler la planète. Cela se comprend, nous sommes plus de sept milliards. C'est énorme !
  • Les enfants, c'est chronophage : il faut les faire lever le matin, les amener à l'école, les récupérer, les aider dans leurs devoirs, les faire manger, les occuper, les coucher, les consoler quand ils font des cauchemars, être là quand ils sont malades, s'assurer qu'ils vont bien…
  • Il faut pouvoir les supporter : cris, pleurs, vomis, excréments, caprices, ingratitude, hyperactivité (le cas échéant), fainéantise…
  • Il faut supporter les neuf mois de gestations : vomis, nausées, crampes, douleurs diverses et variées…Et pas de sexe !!!*
  • L'accouchement : je n'ai jamais compris comment les gens pouvaient considérer qu'un accouchement était beau. La femme crie tellement elle a mal, il y a du sang partout, on frappe le nouveau-né pour qu'il respire par la bouche… Ah pardon ! On me dit dans l'oreillette que j'ai été traumatisée par les films que je voyais à la télé quand j'étais enfant. Tout s'explique ! Je ne suis pas une grosse brute vulgaire, juste une jeune femme traumatisée ! Cela dit, l'accouchement est une épreuve qui impressionne pas mal de personnes. L'expulsion du bébé n'est pas forcément le moment le plus douloureux. En effet, on parle peu de l'expulsion du placenta mais c'est apparemment très douloureux également. En considérant tous ces aspects de l'accouchement, on peut comprendre que certaines femmes refusent d'enfanter. Et vous ne pouvez pas leur en vouloir pour ça. Surtout si vous êtes un homme : vous n'accoucherez jamais de toute votre vie. Note : oui je sais que les colliques néphrétiques sont presque aussi douloureuses mais c'est pas le sujet.
  • Certaines personnes préfèrent adopter des enfants qui ont besoin d'une famille aimante (qu'elle soit homoparentale ou non, d'ailleurs). Je trouve cette démarche très honorable, surtout au vu de sa difficulté.
  • Pour avoir des enfants, il vaut mieux les désirer. Si on a des enfants alors qu'on n'en veut pas, on prend le risque de les rendre malheureux. Avoir des enfants, c'est prendre des responsabilités non négligeables. Ça n'a rien à voir avec le fait d'acheter une peluche, programmer un robot ou même élever un chien. Avoir un enfant, c'est prendre la responsabilité de donner naissance à un être humain : quelqu'un qui pense, qui ressent, qui va vivre peut-être 80 ans, qui va être heureux, malheureux, qui va aimer, haïr, qui va avoir des relations sexuelles, peut-être même avoir lui même des enfants… Faire des enfants, ce n'est pas anodin.
  • Quand on est malheureux soi-même, voire suicidaire, qu'on ne trouve rien qui vaille le coup, on n'a pas forcément envie d'infliger la vie à une autre personne. En plus, si on a envie de mourir, ce n'est pas la peine d'avoir un enfant qui risque de se retrouver orphelin.
  • Certains passent leur jeunesse à élever d'autres membres de leur famille : frères, sœurs, parents irresponsables, bouledogues français ultra collants mais fragiles… C'est un coup à gâcher sa jeunesse (ne pas pouvoir sortir avec ses copains, ne pas pouvoir emménager où on veut…) et à se dégoûter des enfants.
  • - Personnellement, j'ai autre chose à faire dans la vie que d'élever des gniards : je veux écrire un roman de Science Fiction, peindre, dessiner, jouer aux jeux vidéo, élever des rats domestiques, devenir développeur, sauver le monde…



En conclusion, il n'y a pas de raison unique de ne pas vouloir enfanter. Rien que le fait de ne pas avoir envie devrait être respecté par tous. Donc, si vous rencontrez quelqu'un qui ne veut pas avoir d'enfant, respectez sa décision et ne cherchez pas à le convaincre d'en avoir. De toutes façons, vous perdriez votre temps et votre énergie à le rendre malheureux.

*Ah ! Un lecteur me souffle dans l'oreillette qu'il y a des gens qui sont à l'aise avec le fait d'avoir des relations sexuelles pendant la gestation. Alors, c'est comme vous voulez pour ça :)

4 commentaires:

  1. Article très sympa et bien construit...J'avais le même point de vue (et je le partage encore sur pas mal d'aspects) avant de tomber enceinte par accident. Et bien que j'ai du interrompre la grossesse (trop jeune , pas envie d'un enfant,contexte difficile avec le "père" etc...) ben une sorte de lien émotionnel super fort s'est créé entre moi et cet amas de cellule, que j'avais baptisé "éphemère" (glauque je sais ).C'est certainement ce qu'on appelle "l'instinct maternel"... et depuis que j'ai ressenti ca , bah j'ai envie d'avoir un enfant un jour, malgré toutes ces contraintes et le fait que l'accouchement m'horrifie, et alors qu'au fond je préférerais mener une vie tranquille sans avoir à me soucier d'un marmot x)

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    1. Sacrée histoire :) C'est à vous de choisir ce que vous voulez faire. Peut-être avez-vous besoin de faire le point sur vous-même avant de prendre une décision ? En tout cas, merci pour votre commentaire et j'espère que vous arriverez à trouver ce que vous voulez, cette décision n'appartient qu'à vous :)

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  2. Pourquoi pas de sexe pendant la gestation?

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    1. Pour une raison très simple et très bête : j'ai complètement zappé qu'il y avait des gens que ça ne dérangeait pas d'avoir des relations sexuelles quand la partenaire est enceinte x) je m'en vais donc corriger le texte. Merci pour la remarque :)

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